Possessor(s) sur Switch 2 le 29 avril : ce que vaut vraiment le nouveau Heart Machine

Cinq mois après sa sortie sur PS5 et PC, Possessor(s) pose enfin ses valises sur Nintendo Switch 2. La date est calée au 29 avril 2026, soit dans moins d'une semaine au moment où on écrit ces lignes. Pour ceux qui ont raté le train au lancement, c'est peut-être l'occasion de rattraper le metroidvania que Devolver a sorti en novembre dernier. Pour les autres, la question est plus simple : est-ce que le portage Switch 2 vaut le coup ?
Spoiler : la réponse dépend beaucoup de ce qu'on attend d'un metroidvania en 2026. Et surtout, de votre patience avec les allers-retours dans une carte un peu mal foutue.
Qui est Heart Machine et pourquoi ce jeu attire autant l'attention ?
Le nom du studio californien ne parle peut-être pas à tout le monde, mais Hyper Light Drifter, lui, reste une référence du jeu indépendant. Sorti en 2016, ce metroidvania à l'esthétique pixel art avait marqué toute une génération de joueurs. C'est le même studio qui est derrière Possessor(s), et c'est précisément pour ça que le jeu était très attendu.
Sauf que Heart Machine a connu une année 2025 compliquée. Le studio a traversé des licenciements fin 2025 et a mis fin au développement de Hyper Light Breaker, le spin-off qui n'avait pas convaincu en accès anticipé. Possessor(s) devient donc leur projet pivot, celui qui doit remettre l'équipe sur les rails.
Le jeu est édité par Devolver Digital, éditeur habitué des pépites indé (Cult of the Lamb, Death's Door, Cuphead...). Le tandem Heart Machine x Devolver avait déjà fonctionné sur Solar Ash en 2021. On connait la méthode : laisser la liberté créative au studio et assurer la distribution.
De quoi ça parle, Possessor(s) ?
On incarne Luca, une lycéenne coincée dans les ruines de Sanzu City, une mégapole dévastée par une catastrophe interdimensionnelle. Son corps est brisé. Pour survivre, elle passe un pacte avec Rhem, un démon qui cherche un hôte. Les deux n'ont pas vraiment le choix : s'entendre ou mourir.
Le pitch est moins original qu'il n'en a l'air (on a déjà vu le coup du démon-passager dans pas mal de JRPG), mais la direction artistique est bluffante. Personnages dessinés et animés à la main, décors 3D évoquant un Tokyo noyé, effets de lumière travaillés. Visuellement, c'est le point fort du jeu, et de loin.
L'univers s'inspire clairement des horreurs surréalistes japonaises, entre Silent Hill et Neon Genesis Evangelion. Certains ennemis sont d'ailleurs tout simplement des objets possédés : une télé, un réfrigérateur, une voiture. Ça donne quelques affrontements mémorables.
Le gameplay : un mix metroidvania et platform fighter
C'est là que Possessor(s) essaie quelque chose d'un peu différent. Les combats s'inspirent des platform fighters type Smash Bros, avec des juggles aériens, des combos qui enchaînent les ennemis en l'air et des armes qui changent complètement le rythme.
On récupère des armes improvisées au fil du jeu : une crosse de hockey, une guitare électrique, un yo-yo, un téléphone portable, une souris d'ordinateur. Chaque arme a sa vitesse, sa portée, ses combos. Le bestiaire pousse à alterner, ce qui évite de tomber dans l'ennui au bout de trois heures.
Côté mouvement, on débloque progressivement les classiques : grappin, dash aérien, wall run, slide kick. Heart Machine connait la formule metroidvania et elle est bien appliquée. Le grappin rappelle d'ailleurs le Scorpion de Mortal Kombat quand on chope des ennemis avec.
La boucle de progression repose sur le Chroma, une monnaie qu'on récupère sur les ennemis. Meurs, tu perds tout. Tu dois revenir sur le lieu de ta mort pour le récupérer, façon Dark Souls. Rien de neuf, mais ça marche.
Combien de temps ça dure ?
Comptez entre 17 et 22 heures pour finir le jeu en ligne droite. Avec la complétion à 100%, on dépasse facilement les 25 heures. C'est honorable pour un metroidvania de ce calibre, et supérieur à un Hollow Knight sorti aujourd'hui.
La réception critique : nuancée, très nuancée
Au lancement sur PS5 et PC, Possessor(s) a eu une réception qu'on peut qualifier de tiède. OpenCritic est à 72/100, Metacritic PC à 71/100. Sur Steam, les avis sont "Globalement positifs" avec 77% de 431 avis. Les retours récents sont plus mitigés : 68% de positif sur les 75 derniers avis.
Les critiques récurrentes portent sur trois points. D'abord, une carte mal foutue qui ne montre pas bien les connexions entre les couloirs, ce qui complique les retours arrière. Ensuite, des bugs assez nombreux au lancement : crashes, chutes de framerate, glitches audio. Enfin, un rythme inégal, avec certaines sections qui traînent en longueur.
Les points forts font consensus : la direction artistique, l'écriture des personnages, les combats de boss, et une ambiance de fin du monde vraiment réussie. On est face à un jeu très ambitieux qui ne tient pas toutes ses promesses, pas un raté complet.
Qu'est-ce qui change sur Switch 2 ?
Là , on touche au point sensible. Heart Machine et Devolver n'ont communiqué aucun détail technique sur le portage. Pas de benchmark, pas de comparatif, pas d'infos sur le framerate visé ou la résolution.
Vu la puissance de la Switch 2, on peut raisonnablement s'attendre à du 1080p en mode dock et probablement 720p en portable, avec un 60 fps comme cible. Le jeu PC tourne sans souci sur une GTX 1080 Ti en configuration recommandée, donc le hardware de la Switch 2 devrait suivre sans problème.
Reste la question des bugs. Les patchs sortis entre novembre 2025 et aujourd'hui ont corrigé une bonne partie des soucis de stabilité. La version Switch 2 partira normalement avec toutes ces corrections intégrées. C'est le bon côté d'arriver cinq mois après le lancement initial.
Combien ça coûte et qui devrait l'acheter ?
Le prix n'a pas encore été annoncé pour la version Switch 2. Sur Steam, le jeu est affiché autour de 20 € (200 SEK), on peut donc tabler sur 25 à 30 € en version Nintendo, alignement classique sur les tarifs eShop. On sera très loin d'un AAA et pile dans la zone de confort pour un metroidvania indé.
Possessor(s) vise deux profils. Les fans de Hyper Light Drifter qui veulent voir ce que Heart Machine propose en 2026, même si le résultat ne rivalise pas avec leur classique. Et les joueurs Switch 2 à la recherche d'un metroidvania de bonne facture qui tranche avec les classiques du genre grâce à son système de combat inspiré des platform fighters.
Si tu attendais Hollow Knight: Silksong ou Shinobi: Art of Vengeance sur Switch 2, sache que Possessor(s) est considéré comme un cran en dessous de ces mastodontes. Mais il a une personnalité qui lui est propre.
Le contexte des sorties Switch 2 de fin avril
La Switch 2 commence à vraiment remplir sa ludothèque. Avec Pokémon Champions disponible depuis le 8 avril, Tomodachi Life depuis le 16 avril, et Hades 2 depuis le 14 avril, la fin du mois propose un choix solide pour ceux qui ont la console.
Possessor(s) arrive donc sur un marché assez dense, ce qui n'est ni un atout ni un handicap en soi. Le jeu cible un public précis, celui des amateurs de metroidvanias denses et stylisés, et ne devrait pas vraiment cannibaliser Pokémon ou Oblivion Remastered. Si tu veux le panorama complet, on a listé les sorties majeures d'avril 2026.
Verdict avant le 29 avril
Possessor(s) n'est pas le prochain Hollow Knight, on va se le dire tout de suite. C'est un jeu à personnalité forte, visuellement superbe, avec un système de combat original mais qui souffre de problèmes de rythme et d'une carte mal pensée. Pour 20 à 30 € sur Switch 2, avec les correctifs de cinq mois et la mobilité de la console, le rapport qualité-prix devient nettement plus intéressant qu'au lancement.
Si tu as adoré Hyper Light Drifter et que tu cherches un metroidvania à grignoter dans les transports, pourquoi pas. Si tu cherches le metroidvania définitif de 2026, patiente pour le prochain gros portage Switch 2.
Et vous, vous comptez craquer ou vous passez votre tour ?