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Test Crimson Desert : 2 millions de ventes en 24h, mais le jeu vaut-il vraiment le coup ?

Lucas Morel·
Test Crimson Desert : 2 millions de ventes en 24h, mais le jeu vaut-il vraiment le coup ?

2 millions de copies vendues en moins de 24 heures. Et pourtant, l'action de Pearl Abyss a dégringolé de 30% en bourse dans la foulée. C'est le genre de contradiction qui résume bien Crimson Desert : un jeu qui fait des chiffres de blockbuster tout en divisant joueurs et critiques comme rarement.

On a passé une grosse quarantaine d'heures dans Pywel, le continent fictif du jeu. Et honnêtement, on ne sait toujours pas trop quoi en penser.

Pywel, c'est beau. Vraiment beau.

Commençons par ce qui saute aux yeux dès les premières minutes. Le moteur BlackSpace de Pearl Abyss fait un travail monstrueux. Les forêts denses, les montagnes enneigées, les marécages glauques, les villes à l'ambiance steampunk... chaque région de Pywel a sa propre identité visuelle et on a souvent arrêté de jouer juste pour regarder un coucher de soleil ou un orage qui se forme au loin.

La carte est gigantesque. On parle d'un monde ouvert qui rivalise en taille avec celui de Red Dead Redemption 2, sauf qu'ici le remplissage est inégal. Certaines zones regorgent de quêtes secondaires intéressantes et de rencontres aléatoires qui donnent envie d'explorer. D'autres sont franchement vides, avec juste des mobs à farmer et des coffres à ouvrir.

C'est un reproche qu'on peut faire à beaucoup d'open worlds, mais chez Crimson Desert, ça se remarque d'autant plus que les bonnes zones sont tellement réussies qu'elles font ressortir le vide des autres.

En dehors de l'exploration, Pywel propose de la pêche, de la chasse, de la cuisine et du craft. Des activités classiques pour le genre, mais intégrées avec soin. La pêche en particulier est étonnamment prenante, et on s'est retrouvé plus d'une fois à passer une demi-heure au bord d'une rivière alors qu'un objectif de quête attendait à l'autre bout de la carte.

Le combat, meilleur argument du jeu ?

Oui, et de loin. Pearl Abyss vient de Black Desert Online et ça se sent. Les combats de Crimson Desert sont nerveux, spectaculaires, et demandent un vrai sens du timing. Le système mélange du hack'n'slash à la Devil May Cry avec des phases de lutte presque façon catch. C'est bizarre dit comme ça, mais en jeu ça fonctionne étrangement bien.

Kliff, le personnage principal, récupère des pouvoirs du Abyss au fil de l'aventure. Le premier, l'Axiom Force, sert de grappin magique. Les suivants ajoutent de la variété et permettent de varier les approches face aux boss. Parce que les boss, parlons-en.

Certains affrontements sont mémorables. Le combat contre le dragon dans le chapitre 5 reste un moment fort. Mais d'autres boss souffrent d'un problème de calibrage. Pearl Abyss a d'ailleurs déjà patché le jeu pour réduire les dégâts de certains ennemis (les ours, par exemple, avaient une attaque qui tuait en un coup, ce qui était franchement abusé).

Le patch 1.00.02 a aussi ajouté un point de contrôle avant le boss de Tenebrum au chapitre 4. Avant ça, mourir obligeait à refaire toute la section de puzzle qui précède le combat. Un choix de game design assez discutable que Pearl Abyss a eu le bon sens de corriger vite.

On note aussi l'ajout de nouvelles attaques pour certains compagnons. Damiane a gagné un enchaînement sur son coup d'estoc à l'épée lourde, et Oongka a reçu une attaque de suivi en double lame. Des ajouts bienvenus qui rendent les combats en groupe plus fluides.

L'histoire de Kliff tient-elle la route ?

C'est là que ça coince. Kliff est le leader des Greymanes, une bande de mercenaires qui navigue entre les conflits politiques de Pywel. Le pitch est prometteur, mais l'exécution manque de souffle. Les dialogues sont souvent plats, les retournements prévisibles, et on peine à s'attacher aux personnages secondaires.

Le problème, c'est que le jeu mise beaucoup sur sa narration. Les cinématiques sont longues, soignées techniquement, mais l'écriture ne suit pas. On finit par les skipper vers le milieu du jeu, ce qui n'est jamais bon signe pour un action-RPG qui se veut story-driven.

Si tu as déjà lu notre article avant la sortie, tu te rappelles peut-être qu'on espérait un scénario à la hauteur des ambitions visuelles. Malheureusement, ce n'est pas le cas.

78 sur Metacritic, c'est mérité ?

La note moyenne de 78/100 reflète assez bien la réalité. C'est un bon jeu, pas un grand jeu. Le genre de titre à qui il manque ce petit truc en plus pour vraiment marquer les esprits.

Les 2 millions de ventes en 24 heures montrent que l'attente était là. Six ans de développement, plus de deux millions de wishlists sur Steam, des trailers qui ont fait le buzz. L'engouement était réel. Mais les investisseurs de Pearl Abyss espéraient visiblement un score dans les 85-90, et le 78 a fait l'effet d'une douche froide. L'action est passée de 65 600 won à 41 500 won en quelques jours. Presque 40% de baisse.

C'est brutal. Et ça en dit long sur la pression que subissent les studios coréens cotés en bourse. Un jeu qui vend 2 millions en un jour mais qui prend 78 au lieu de 85, et c'est la catastrophe. Difficile de ne pas trouver ça un peu absurde.

Faut-il acheter Crimson Desert maintenant ?

Si tu aimes les open worlds ambitieux et que tu es prêt à accepter quelques défauts, fonce. Le combat seul vaut le détour, et explorer Pywel à cheval (puis en dragon) reste une expérience visuellement impressionnante. Pearl Abyss patche activement le jeu et un correctif pour les contrôles, l'un des points noirs relevés par les joueurs, est en préparation.

Si tu préfères attendre un jeu plus poli, donne-lui quelques mois. Le potentiel est là, il faut juste que les patchs comblent les lacunes. Un peu comme Elden Ring Nightreign à sa sortie, qui a beaucoup gagné avec ses mises à jour.

Le jeu tourne sur PC, PS5 et Xbox Series. Sur PC, comptez une config assez costaud pour profiter du moteur BlackSpace dans de bonnes conditions. En 1440p avec les réglages élevés, une RTX 4070 maintient un 60 fps correct dans la plupart des zones, mais les grandes batailles font chuter le framerate. La version PS5 est verrouillée en 30 fps en mode qualité, 60 fps en mode performance avec des baisses de résolution dynamique.

Pour ceux qui se lancent, on a publié un guide complet pour bien débuter dans Pywel avec les astuces qui nous ont manqué au départ. Les premières heures peuvent être un peu rudes si on ne comprend pas bien le système d'Abyss Gears.

Au passage, si tu joues sur PC et que tu galères avec les performances, notre guide pour améliorer les FPS contient des réglages qui fonctionnent bien avec le moteur BlackSpace.

Notre verdict

Crimson Desert est un open world généreux, parfois sublime, souvent frustrant. Les combats sont parmi les meilleurs du genre, le monde est un régal pour les yeux, mais le scénario ne décolle jamais et certains choix de game design laissent perplexe. Pearl Abyss a les moyens et la volonté de corriger le tir, mais en l'état, on est face à un 7.5/10. Un jeu qu'on recommande aux fans d'action-RPG en monde ouvert, avec la réserve que l'histoire ne sera pas ce qui te fera rester.

Si tu hésites encore entre les grosses sorties de ce mois de mars, jette aussi un oeil à Death Stranding 2 sur PC qui vient de sortir le même jour.